L'usine des animaux

Vidéo numérique

du Saint , Caroline (Réalisateur)

Chaque année, 70 milliards de bêtes sont abattues au terme d’une vie de souffrance. Entre éclairage historique et plongée dans la réalité crue des élevages industriels, cette enquête décrypte les rouages d’un système qui a transformé les animaux en marchandises.

De la naissance jusqu’à la mort, la vie des animaux d’élevage est placée sous le sceau de la cruauté. Sélectionnés génétiquement pour produire plus, vaches, poulets et porcs sont mutilés, enfermés dans des cages individuelles ou entassés dans des enclos, sans lumière ni possibilité de mouvement, avant d’être tués à la chaîne. Comment en est-on arrivé là ? Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le développement de la motorisation et des produits chimiques révolutionne le monde agricole. Encouragée par les pouvoirs publics, l’industrialisation de l’élevage entame sa progression vertigineuse. Deux tiers des petites exploitations françaises ont ainsi disparu en moins de cinquante ans. À l’échelle mondiale, quatre multinationales aussi puissantes que méconnues (JBS, Tyson, Cargill, WH Group) se partagent plus de 80 % du marché de la viande grâce à leur mainmise sur la chaîne de production : bétail, matériel, nourriture, médicaments, abattoirs... Affamées de profits, elles briguent sans cesse de nouveaux marchés, y compris dans les pays de tradition végétarienne, comme le Viêtnam, où d’impressionnantes villes-usines surgissent dans les campagnes. Partout, les industriels veillent à tenir la souffrance animale hors de la vue des consommateurs, tout en s’appuyant sur des publicités mensongères montrant des bêtes élevées à l’air libre, heureuses de se sacrifier (le suicide food). Les activistes, de leur côté, risquent des sanctions en s’introduisant dans les exploitations. En France, l’association L214 a néanmoins contribué à l’interdiction du broyage des poussins – effective en 2023 – en diffusant des images du massacre.

Violence institutionnalisée
"J’ai mis des cochons à la poubelle ! Comme du plastique…", regrette Stéphanie, revenue à un élevage paysan en plein air. Des États-Unis à la Chine en passant par la Pologne, Caroline du Saint dévoile, au fil d’images sidérantes captées dans les allées des usines, l’envers du décor, qui concerne 80 % des animaux que nous consommons. Recueillant les témoignages d’éleveurs, de chercheurs (historien, sociologues, économiste…) et de militants de la cause animale (la directrice de L214 Brigitte Gothière, le lanceur d’alerte James Keen, ancien vétérinaire au Centre américain de la recherche sur la viande…), elle montre comment les multinationales, les gouvernements, les scientifiques et les consommateurs ont fabriqué ou permis ce système, dans lequel la violence est devenue la norme, et les animaux, de simples marchandises soumises aux lois du marché.

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